Archives journalières : 02/02/2015

Les Chefs d’Alsace se mêlent de vos ognons !

Votre petit dernier est brouillé avec les difficultés de la langue française ? Qu’il aille voir d’urgence un Chef d’Alsace !

Car on le réalise trop peu : non seulement un Chef doit batailler victorieusement avec ses fourneaux et ses casseroles mais aussi avec des mots et des accords parmi les plus compliqués de notre dictionnaire.

Dès le plus jeune âge on en fait l’expérience : on apprend que « Chou » est un de ces mots qui, par exception, prend un « x » au pluriel. C’est une façon subliminale de faire comprendre au jeune un message essentiel : « Vois-tu, petit, tout ce qui relève de la gastronomie demande une attention particulière ».

De la même façon on est déconcerté par l’orthographe des ustensiles les plus élémentaires de la cuisine : « cuiller » ou « cuillère » ? Ah bon, les deux, c’est possible ? Comme une façon de dire : même les choses les plus simples peuvent être préparées de différentes façons par un Chef !

Et puis, l’Art d’un Chef est de choisir les meilleurs mets ? De ne pas se tromper, de voir le détail qui fait qu’il doit plutôt privilégier un produit plutôt qu’un autre ? Et vous, êtes-vous bien sûr de savoir distinguer « Cuissot » et « Cuisseau » ?

En cuisine, il vaut mieux réfléchir à deux fois avant de bouillir tout et n’importe quoi. C’est pourquoi la langue française a veillé dans sa grande sagesse à en compliquer la conjugaison, histoire de nous faire réfléchir tant au moment d’écrire que de cuisiner. Ainsi s’interrogera-t-on sur un : il faut « que je bouts » ? « que je bous » ? « que je bouds » ? que « je bouille » ? « que je boue » ? « que je bouillie » cette viande ? – question essentielle en particulier si l’on a la chance de recevoir la Reine d’Angleterre…

Mais bien sûr l’art de la cuisine est évidemment aussi celui d’accommoder les mets, de les relier entre eux. Ne retrouve-t-on pas une problématique proche dans la question du trait d’union de bien des produits ? On parlait de « Chou »… On arrive à « Chou fleur » …ou « Chou-fleur » ? Avec ou sans trait d’union ? D’ailleurs mettra-t-on un « s » à « fleur » quand on en servira plusieurs ?

Et puis parfois une recette change, évolue : cela ne va pas sans crispations parfois, sans réticences. Il arrive même que le client n’admette pas d’être bousculé, il le faut bien pourtant… De leur côté les mots de la cuisine s’essayent parfois, eux aussi à des changements. On connaît tous « l’oignon » qui accompagne tant de recettes ? Pourtant on sait moins que « l’oignon » peut se cuisiner désormais sous la forme «ognon» depuis la Réforme du 6 décembre 1990… Eh bien, même le Robert n’a pas osé mettre à la carte de son dictionnaire cette nouvelle graphie… Il est des plats et des mots qui font peur !

Bref…

Votre petit dernier est brouillé avec les difficultés de la langue française ? Qu’il aille voir d’urgence un Chef d’Alsace ! Il y apprendra l’art des mots, et qui sait, bientôt, celui des mets… : est-il de plus sûres recettes du bonheur ?

Martin Brem – Des cours de français au coaching orthographe et expression écrite, en passant par ses activités de « plume », d’écrivain ou de chroniqueur livres  : rien de ce qui concerne le plaisir des mots ne lui est totalement étranger…